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Sa lignée

Son apprentissage

Son rayonnement

Ses enseignements

 

 

 

 

Abdel kader el Jilani

Sheikh Muhyiddîn Abddel Kader El Jilani (1077 - 1166) fut le phare de son époque dans les sciences spirituelles et les disciplines relatives à la Loi divine. Sa réputation fut telle dans les sciences du soufisme et de la shariya (loi divine) qu'il finit par être connu comme le pôle de l'islam et des musulmans (Qutb Al-Islam wa Al-Muslimin).

 

 

Naissance et lignée

Il s'agit du noble Cheikh, le pieux, le modèle dont la lignée est établie de la façon suivante : Abu Muhammad Abddekkader el Djilani Ibn Salah Ibn Mussa Ibn Yahia Ez-Zahed (le dévot) Ibn Muhammad Ibn Daoud Ibn Mussa El Djouzi Ibn Mussa Ibn Abd Allah Al-Mahd Ibn Al-Hasan Al-Muthanna Ibn Al-Hasan Ibn Ali Ibn Abu Talib, que Dieu l'agrée.

Ainsi, sa lignée rejoint-elle du côté paternel la branche florissante de l'Imam Al-Hasan Ibn Ali (gendre et cousin du prohéte Mohamed "que la paix et et salut soit sur lui") Ibn Abu Talib (oncle du prohète), que Dieu les agréés tous deux.

Du côté maternel, il est le fils de Umm Al-Khayr Fatima Bent AbuAbd Allah As-Sawmaï. Sa mère fut, selon l'expression même d'Ibn Al-Wardî, dotée d'états spirituels et de prodiges. Quant à son grand-père maternel, Cheikh Abu Abd Allah As-Sawmaï, il est originaire de "Jîl" encore appelé "Kîl" dont il était l'un des plus nobles savants.

Il naquit dans la cité de Jîlân, dans la province nord-est de la Perse, en l'an 1077. A l'âge de dix-huit ans, il partit pour Bagdad à la poursuite de la connaissance et de la guidance divines.

Son apprentissage

Ses premiers maîtres en Loi divine furent le Cheikh Abu Al-Wafa Ibn Aqil, le Cheikh Muhammad Ibn Al-Hasan Al-Baqlani et Abu Zakariya At-Tabrizi. A l'ombre de ces trois grands, il apprit la science de l'exégèse du Coran, la science du Hadith, la science de la vie du Prophète (sirah), la théologie, la jurisprudence (fiqh), la grammaire, la récitation du Coran et la philologie. Il étudia l'école de jurisprudence hanbalite, mais il donnait aussi des verdicts religieux (fatwa) selon l'école chaféite. Il connaissait le Coran par coeur, et le récitait dans sept lectionnaires.

Après avoir acquis la maîtrise de treize disciplines relatives aux sciences religieuses et des sciences connexes, il se tourna alors vers la voie spirituelle sous la guidance du Cheikh Hammad Ibn Muslim Ad-Dabbas. Il reçut l'initiation dans la voie des chercheurs du Cheikh Al-Mubarak Saïd Ibn Al-Hasan. Le Cheikh Al-Mubarak Saïd fut le Cheikh de la plupart des plus grands chercheurs et maîtres de son temps à Bagdad.

 

Son rayonnement

Cheikh Abdel Kader El Jilani reçut l'Ijazah (autorisation et certificat d'un savant reconnu) et la direction de la tariqah ( désigne en général une confrérie soufie) à l'âge de cinquante ans, de son Cheikh, le Cheikh Al-Mubarak Saïd. Peu de temps après avoir reçu le titre officiel de Cheikh At-Tariqah, on le reconnaissait dans la cité et ses environs comme un grand maître, et comme la source à laquelle tous les coeurs habités d'un désir ardent devaient se tourner pour trouver la guidance et l'illumination propres à diriger les coeurs sur la voie de l'amour divin et de l'inspiration divine.

Abdel Kader raconte : "Au commencement, seules quelques personnes fréquentaient mon groupe. Quand de plus en plus de gens eurent entendu parler de moi, l'école devint surpeuplée. Je pris alors l'habitude de m'installer dans la mosquée de Bab Al-Hilbah, qui finit par être trop petite pour accueillir le grand nombre de gens qui venaient m'écouter. Ils venaient même au milieu de la nuit, portant des lampes et des bougies pour voir. Finalement, le lieu ne pu contenir les foules, et on transporta la haire d'où j'enseignais sur une voie de circulation, puis dans les faubourgs de la ville, dans un endroit qui devint le nouveau lieu de rassemblement. Les gens y venaient à pied, à cheval, à dos de mule, d'âne ou de chameau. On pu voir jusqu'à soixante-dix mille auditeurs assistant à ces rassemblements". Le grand savant indien Cheikh Abu Al-Hasan dit à ce sujet : "Près de soixante-dix mille personnes assistaient à son assemblée. Plus de cinq milles juifs et chrétiens sont rentrés en islam par ses efforts."

Dans ces rassemblements, il conseillait aux gens de faire le bien, et les dissuadait de commettre le mal. Son conseil s'adressait aux ministres, aux gouverneurs, aux juges, à ses disciples et aux gens ordinaires. Selon l'Imam Ibn Kathir, le grand exégète et historien : "Il se tenait debout dans les mosquées et réprimandait publiquement les gouverneurs qui commettaient le mal. Il le faisait en présence de tous, qui pouvaient ainsi en témoigner, dans des interventions publiques. Il évitait toutes les formes de conciliations politique, et ne craignait personne quand il parlait, sinon Dieu le Tout Puissant. Aucun reproche ne l'affectait".

Un jour, comme le calife du monde islamique venait de nommer une personne injuste comme grand juge, Abdel Kader El Jilani se leva, dans la plus grande mosquée de Bagdad, pour prononcer le sermon du vendredi. Il s'y adressa directement au calife. Il dit : " Tu as désigné le pire des injustes pour juger des affaires des musulmans ! Que répondras-tu demain au Seigneur des mondes, au Plus Miséricordieux des miséricordieux ? " Entendant cela, le calife trembla de peur. Versant des larmes abondantes, il se hâta, après la prière, de démettre ce juge.

Abdel Kader appelait les gens à se corriger eux-mêmes, à purifier leur coeur et à en chasser l'amour excessif de la vie d'ici-bas. Il les pressait de remplir leur coeur de l'amour de Dieu, de Son Messager et de ses saints. Il les exhortait à suivre le Prophète dans chacun de leurs actes et chacune de leurs pensées, en tout comportement et en toute attitude. Il les exhortait à éviter l'hypocrisie, à chasser de leur coeur l'orgueil, l'auto satisfaction, la haine, l'hostilité, la jalousie, la tyrannie, la tromperie et la rancoeur. Il appelait les gens à briser leur attachement à ce monde et à ceux qui en sont les esclaves, et de se tourner de tout leur coeur vers celui qui nourrit, Dieu le Tout Puissant, cherchant sa satisfaction, sa guidance, sa miséricorde et son pardon.

A ce sujet, Sheikh Abû Al-Hasan An-Nadwî écrivit : " Sheikh Abd Al-Qâdir Al-Jîlânî ouvrit grande la porte de l'allégeance et du repentir. Des musulmans des quatre coins du globe y entrèrent pour renouveler leur pacte avec Dieu, en s'engageant à ne pas tomber dans le polythéisme ni la mécréance, ni la corruption, ni l'innovation, ni l'injustice et à ne pas rendre licite ce que Dieu interdit, ni délaisser ce qu'Il prescrivit. Ils s'engageaient à ne pas se dépenser dans la recherche de l'ici-bas et à ne pas oublier l'au-delà. Entrèrent par cette porte que Dieu eut ouverte par la main de Sheikh Abd Al-Qâdir Al-Jilânî des gens dont Dieu Seul connaît l'effectif tant ils étaient nombreux : leurs états étaient droits et leur islam fut bon. Le Sheikh persévéra dans leur éducation et l'évaluation de leurs actes, il supervisa leur état et leur progression si bien que ces disciples spirituels sentirent la responsabilité qui leur incombait près le pacte, le repentir et le renouvellement de la foi".

Dans l'une de ses prêches dont on dit qu'y assistaient plus de quatre cents scribes, il dit : "Les murs de la religion sont tombés et leurs fondations ont craqué. Rassemblons-nous, ô gens de la terre, et reconstruisons ce qui est en ruine, rétablissons ce qui est tombé ! C'est inacceptable. Ô soleil ! Ô lune ! Ô jour ! Venez tous ! Ô gens, la religion implore aide et assistance, tenant ses mains au-dessus de sa tête en signe de détresse, une détresse due aux débauchés, aux insolents, aux innovateurs, à ceux qui pervertissent la loi divine, aux gens insouciants, aux injustes et aux tyranniques, à ceux qui falsifient la connaissance divine et pourtant la revendiquent, alors qu'en fait elle n'est pas entre leurs mains.

" Ô hommes ! Que vos coeurs sont devenus durs ! Même un chien sert son maître. Il le garde, l'accompagne dans ses marches, chasse pour lui, garde ses troupeaux et veille sur lui avec loyauté dans l'espoir que son maître lui accordera quelques bouchées de son repas ou les lui mettra de côté pour plus tard. Réfléchissez y et comparez à la façon dont vous vous rendez obèses par les bontés de Dieu, la façon dont vous satisfaites grâce à elles vos désirs vils, sans même obéir à Ses commandements ni éviter ce qu'Il a interdit ! Vous ne Lui payez pas ce que vous Lui devez, vous négligez Ses ordres et vous n'observez pas les limites de ce qu'Il vous a ordonné".

Il disait aussi, que Dieu lui fasse miséricorde : "Toute vérité pour laquelle la législation ne témoigne point est zandaqah (mécréance hypocrite). Chemine vers le Vrai (Al-Haqq) en battant des ailes du Coran et de la Sounnah. Et présente-toi devant Lui, main dans la main avec le Messager d'Allâh, paix et bénédiction de Dieu sur lui."

Dans le même sens, il disait à ses disciples : "Délaisser les oeuvres de cultes imposées est une mecréance. Tomber dans l'interdit est un péché. Nul n'a le droit de délaisser les Ordres [divins] en tout état de cause".

 

Ses Enseignements

Abd Al-Qâdir Al-Jîlânî donna un jour à ses disciples l'ordre suivant : " Tuez un poulet à un endroit où personne ne peut vous voir, puis apportez-le moi. " Certains prirent l'ordre au pied de la lettre et pensèrent qu'il suffisait de garder le secret. Au bout de quelques heures, les disciples revinrent, chacun portant un poulet tué. Au moment de la prière de l'après-midi, l'un d'eux manquait toujours à l'appel. Il ne s'était pas encore montré. Le Sheikh dit : "Où est Untel ?" Personne ne savait. Le moment de la prière de la nuit vint, passa. Le jour suivant arriva et on ignorait toujours ce qui était arrivé au disciple manquant. Dans l'après-midi du lendemain, le disciple revint, un poulet à la main, mais un poulet toujours vivant. Le Sheikh lui demanda : " Où étais-tu tout ce temps ? Chacun a rapporté un poulet tué sauf toi. Pourquoi cela ? " Il répondit : " Ô mon Sheikh, l'ordre que tu m'as donné était de tuer un poulet dans un endroit où personne ne pourrait me voir. J'ai essayé toute la journée d'hier, toute la nuit et toute la matinée, de trouver un endroit où Dieu ne me voit pas, et je n'ai pas pu trouver un tel endroit. Comment aurais-je pu tuer le poulet ? " Sheikh `Abd Al-Qâdir dit : " [...] Mon fils qui est ici est mon successeur, qui vous enseignera le code de conduite correct et sera pour vous un bon exemple à suivre".

Il enseigna à ses disciples l'essence de l'ascétisme (zuhd): "Sors l'ici-bas de ton coeur, écrit-il dans Al-Fath Ar-Rabbânî, et dépose-le dans ta main, ainsi il ne te nuiera pas".

Sa gnose Bien qu'il fut éminent parmi les grands awliyâ' (saints)  et c'est la raison pour laquelle on le surnomma Qutb Al-Islâm, le pôle de l'Islam, Abd Al-Qâdir Al-Jîlânî est aussi un juriste hors pair de l'école hanbalite. On a signalé ses liens avec l'école chaféite et avec l'imâm Abû Hanîfa. Il fut le disciple de awliyâ prestigieux, comme Abû Al-Khayr Hammâd Ibn Muslim Ad-Dabbâs (mort en 525 H.) et Khawaja Abû Yûsuf Al-Hamadhâni (mort en 535 H.), second, après Abû Al-Hasan Al-Kharaqâni (qui fut le Sheikh de Al-Harawi Al-Ansâri dans la chaîne d'autorité primitive de la voie naqshbandiyya).

Les oeuvres les plus réputées du Sheikh `Abd Al-Qâdir sont les suivantes :

Al-Ghunya li Tâlibi Tarîq Al-Haqq (Provisions suffisantes pour ceux qui cherchent la voie du Vrai) : il s'agit d'une des présentations les plus concises qu'on ait jamais écrites de l'école juridique de l'imâm Ibn Hanbal, comprenant les enseignements solides de Ahl As-Sunna sur le 'Aqida et le tasawwuf (soufisme).

Al-Fath Ar-Rabbânî wal-Fayd Ar-Rahmânî (L'Ouverture Seigneuriale et la Manne du miséricordieux), recueil de sermons destinés aux élèves et aux maîtres de la voie soufie et à tous ceux qu'attire la perfection. Fidèle à son titre, ce livre procure à son lecteur un profit et un gain spirituel immenses (traduit en français).

Futuh Al-Ghayb (Ouvertures sur l'invisible), autre recueil de sermons plus avancés que les précédents, et comme eux d'une valeur inestimable.

Sirr Al-Asrâr (Secret des secrets), court traité de pratique soufie que le Sheikh `Abd Al-Qâdir rédigea à l'intention de ses disciples (traduit en français).

Étant donné son statut dans l'école hanbalite, Abd Al-Qâdir jouissait d'un grand respect auprès de Ibn Taymiyyah, au point qu'il fut le seul auquel ce dernier accorda le titre de "notre Sheikh" (Sheikhuna) dans toute sa fatwa, alors qu'il réserva l'appellation "notre imâm" (imâmuna) à l'Imâm des gens de la Sunnah, Ahmad Ibn Hanbal. Il mentionnait fréquemment Jîlânî et son Sheikh Ad-Dabbâs comme les meilleurs exemples de soufis récents.

 

 

Qutb Al-Islâm wa Al-Muslimîn, le pôle de l'Islam et des musulmans, est un titre honorifique attribué par des savants à des Imâms qui furent des sommités en sciences religieuses et des modèles de piété et d'observance de Dieu. L'expression Qutb Al-Islâm fut par exemple employée par le célèbre juriste Ahmad Ibn Hajar Al-Haythamî Al-Makkî au sujet du noble Sheikh Abd Al-Qâdir Al-Jilânî (cf. Al-FatâwâAl-Hadîthiyyah, p. 149). Al-Jilânî, Ar-Rifâ`î, An-Nawâwî, et leurs semblables seront les premiers à s'innocenter de toute personne qui leur a attribué un pouvoir de gestion du monde ou d'autres mythes controuvés. La personne qui use de ces titres honorifiques doit savoir qu'ils sont attribués à des serviteurs de Dieu, qui furent des hommes bénis, connus pour leur science et leur piété. retour

 

Cette lignée est établie dans de nombreux livres de biographies. Elle est citée, entre autres, dans Shadharât Adh-Dhahab par l'Imam l'historien Abd Al-Hayy Ibn Al-'Imâd Al-Hanbalî (m.804 A.H.) et le Târikh du juriste chaféite Ibn Al-Wardî. Il est dit au sujet d'Ibn Al-Wardî (m. 749A.H.) dans Fawât Al-Wafiyyât, volume 3 p. 157 : "le très noble juge, l'Imâm, le juriste,l'homme de lettres, Zayn Ad-Dîn Ibn Al-Wardî Al-Ma'arrî Ash-Shâfi'î. Il est du nombre des personnes vertueuses, des juristes, des hommes de lettres et des poètes de son époque". retour

 

 

Contact :  amlouh@yahoo.fr